L’Ugaas, chef suprême de l’ensemble des Issas est une autorité symbolique de l’unité garante de la paix et de l’égalité de tous les membres devant le Xeer. Il n’a pas de pouvoir matériel, comme les chefs d’état mais seulement une autorité morale qu’il tire du respect et plein consentement de...
Du haut de son existence millénaire, Zeïla garde toujours un œil sur son passé tout en étant résolument tourné vers l’avenir. On accède à la vieille ville (ou plutôt ce qui en reste) par un enchevêtrement de pistes cahoteuses à travers lesquelles la poussière n’en finit guère de monter en...
15 ans. Cela fait maintenant un peu plus de 15 ans que l’on attendait l’arrivée du successeur de feu Ogaas Hassan Hersi Issa (que la terre lui soit légère !). Au terme de 66 ans de règne, le défunt, 18ème de par son titre, laisse derrière lui une communauté en paix avec elle-même aussi bien qu’avec les autres en disparaissant un jour d’août 1994 à Dire-Dawa où le site qui abrite sa tombe porte son nom. Plus qu’un vide, la place qu’il laisse vacante apparaît alors comme un véritable défi que les Issas auront mis 15 ans pour le relever. D’où le « rapt » d’un nouvel Ogaas en septembre dernier. Il était temps.
Sur les pas de ses prédécesseurs, l’Ogaas Moustapha Mohamed Ibrahim, qui présidera désormais aux destinées de la confédération Issa, s’est rendu lui aussi dans la ville mythique de Zeïla pour y être intronisé à son tour. Oui, il a été soumis lui aussi, comme le veut la tradition, à un certain nombre de rites, comme celui du rasage qui s’est tenu dimanche dernier sur le site historique de Geed Ogaas. S’ensuivront le lendemain à Zeïla un bain en mer et une visite guidée sur le sanctuaire d’Ebo Abdallah, ancêtre de la lignée des Ogaas, puis de celui d’Ibrahim Zeïlici, figure emblématique qui, ayant fait de sa vie une profession de foi, a marqué le passé de la région. La suite
C’est dans un climat de liesse que s’est déroulée à Diré-Dawa dans la soirée du mardi 24 Aout 2010 la cérémonie de fiançailles de l’Ogaas Moustapha Mohamed Ibrahim avec Melle Aïcha Abadeh Abdi, jeune étudiante en paramédicale au centre de formation de Jigjiga capitale de la région somali.
L’heureuse élue est née le 04/06/1990, âgée seulement de 20 ans, est loin d’être une intruse dans le milieu où le jeune souverain a grandi et effectué son cursus scolaire. Née elle aussi à Diré-Dawa, plus précisément dans le quartier populaire de « Xafad-Ciise », elle a entamé ses études scolaires dans cette même ville et elle est titulaire d'un baccalauréat en même temps que celui qui est devenu l’année dernière le 19ème Ogaas des Issas.
Quelques mois après son intronisation à Zeïla, en Somaliland, l’Ogaas Moustapha Mohamed Ibrahim, 18 ans, chef spirituel des Issas, s’apprête à convoler en justes noces, selon des informations parvenues aujourd’hui à l’ADI.
La cérémonie de fiançailles, qui aura lieu à Diré-Dawa (Ethiopie) où il vit, est prévue mardi 24 août prochain, jour coïncidant avec le premier anniversaire du « rapt » de celui qui est devenu le 19ème Ogaas de la confédération Issa.
Comme le veut la tradition, l’heureuse élue est issue du clan « Odaxgob (Reer Ashkir) ».
Après l’investiture de l’Ogaas Moustapha Mohamed ibrahim à Zeilah, la diaspora de l’Angleterre a récemment organisé une cérémonie spéciale dédiée au roi Issa. Toutes les communautés somalies installés en occident ont pris part à cette fête. Les différents représentants communautaires ont souligné que c’est la renaissance de la culture somalie à travers de ce couronnement Ils ont manifesté leur soutien à l’Ogaas Moustapha et ont affirmé qu’il est l’Ogaas de tout le peuple somali et l’intermédiaire avec les voisins.Ils ont exprimé leur souhait de voir le chef spirituel Issa oeuvrant en faveur de la réconciliation et de la paix entre les différentes communautés somaliens. Avec à leur tete les chefs coutumiers tels que les Ogaas, les sultans et autres royautés. Ils ont ainsi exhorté l'Ogaas Moustapha d'agir en ce sens en regroupant autour de lui ses pairs issus des autres communautés somaliens en vue d'aplanir les clivages entre eux et de contribuer ensemble au maintien de la paix et à la consolidation de la fraternité. Les grandes figures de la chanson somalienne tel que : Fatouma Ahmed, Nima Yacin, Fatouma Kassim, Anab corbeau, Bacado, Abdourahman Hanateyeh, Qomaal et de Aden Gaab, ont fredonné à cette occasion des morçeaux magiques. La palme revient à Fatouma Ahmed avec son geraar intitulé "Gob Caadale" et Farah Outeh le grand gabaaya Hollandais. Les participants ont vibré toute la soirée au rythme des chants et danses folkloriques.
Un peu moins de huit mois après l’annonce du « rapt » du XIXème Ogaas des Issas, le Centre d’Etudes et de Recherches de Djibouti (CERD) vient de rendre publique une première partie des travaux menés sur la question. Une conférence a été ainsi organisée hier, en début de matinée, dans les locaux de cette institution. Etaient à l’ordre du jour, deux étapes décisives du long processus ayant abouti à la désignation en septembre 2009 du successeur de feu Ogaas Hassan Hersi Issa : la constitution du « Gandé » et la « capture » du nouveau roi. Animée conjointement par deux experts de l’Institut des Sciences Sociales, MM. Salah Zakaria et Aden Osman, avec la précieuse collaboration de Hassan Robleh Bock et Abdo Adaweh, la conférence aura permis de lever le voile sur certains aspects méconnus du grand public des modalités de recherche de l’Ogaas. En effet, contrairement à la version qui se prête habituellement au regard des uns et des autres, leur réalisation a nécessité plus d’une année d’intenses efforts ponctués de pourparlers placés parfois sous le sceau du secret. Il avait fallu avant tout concrétiser la formation, et surtout se mettre d’accord sur la composition du « Gandé » sans lequel tout travail visant à la désignation d’un futur roi était voué à l’échec. On ne badine pas avec le « Xeer » chez les Issas, ne serait-ce que pour combler le vide sur quinze années d’attentes, d’interrogations et d’espoirs, à la suite de la disparition en 1994 à Diré-Dawa du XVIIIème Ogaas des Issas.
Depuis le retour de l’Ogaas Moustapha à Dire-Dawa les cérémonies en son honneur se succèdent. Dans la journée du dimanche 25 Avril 2010, la communauté somalienne Absame de DIRE-DAWA avait pris le relais et a offerte un grand déjeuner en d’honneur du XIXéme Ogaas des Issa à l’hôtel Samrat .
Chaque jour qui passe la notoriété de l’Ogaas Moustapha mohamed est en ascension vertigineuse jusqu’à embrasser les multiples et multicolores communautés de la Corne plus particulièrement la communauté Somalienne. Cette rencontre contribuera à transcender la fraternité entre les peuples de la corne et plus les somaliens. Cette invitation traduit l’amour et le lien culturel qui unissent le peuple somalien.
Quarante jours après l’intronisation à Zeïla de l’Ogaas Moustapha Mohamed Ibrahim, une importante cérémonie commémorative a été organisée de Diré- Dawa (Ethiopie). La cérémonie, qui s’est tenue dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement secondaire qui porte le nom de l’Ogaas Hassan Hersi Issa, a vu la participation de hauts responsables issus de la République fédérale d’Ethiopie, de la République de Djibouti et de la République autoproclamée du Somaliland. Le public, venu massivement sur les lieux, a d’abord assisté à des prestations folkloriques et de chants traditionnels exécutés par des troupes artistiques locales. Le coup d’envoi des festivités commémoratives a été officiellement donné par M. Mohamed Maalin, président du comité des jeunes de Diré-Dawa en charge du « rapt » de l’Ogaas, juste après l’arrivée sur le site de l’Ogaas Moustapha Mohamed Ibrahim, largement ovationné d’ailleurs par le public.
Prenant la parole, le maire de la ville de Diré-Dawa, M. Adan Farah, a d’emblée remercié les autorités qui ont accepté d’honorer la cérémonie de leur présence. Il s’agit entre autres du ministre éthiopien de la Culture et du Tourisme, M. Mahamoud Dirir Gedan, de son collègue des Affaires fédérales, Dr. Shifayow, du vice-ministre de la Communication du Somaliland, M. Ali Elmi Guelleh, et du président de la région dite « Kilinka shanaad », territoire à dominante somalie et placé sous l’autorité du pouvoir fédéral éthiopien, M. Daoud Mohamed Ali.
Au terme d’un séjour de deux semaines à Djibouti, l’Ogaas Moustapha Mohamed Ibrahim a regagné mercredi 17 mars 2010 la ville de Diré Dawa (Ethiopie).
En cours de route, le cortège royal a observé une première halte dans la localité d’Aychaa qui abrite entre autres le célèbre sanctuaire de Cheick Moussa Ismaèl. Le souverain, qui s’est recueilli sur les lieux, a été largement salué par les habitants de la région. Les messages de soutien étaient légion, empreints d’une ferveur inhabituelle. Certains revenaient comme un leitmotiv : longue vie à l’Ogaas, bénédiction sur le roi.
Le chef spirituel des Issas a repris ensuite son bâton de pèlerin. Après Aychaa, le village de Mara madoobays accueille à son tour le 19ème Ogaas. A cœur ouvert, diront ceux qui ont suivi de près l’arrivée de l’Ogaas Moustapha Mohamed Ibrahim dans la localité qui lui a été d’ailleurs rendu un vibrant hommage.
C’est à Biyo Qaboobe que l’Ogaas et sa suite vont passer la nuit. Jeux, joie et jovialité ont marqué la visite du roi des Issas dans la région qui a alors vibré au rythme du Wilwilé. Passage obligé, le lit de l’oued Ogaas lagu diiq a également attiré l’Ogaas et sa délégation, qui ont par la suite effectué une courte pause à Biyo diidley, avant d’arriver à Biyo Baxay où ils bénéficient d’un accueil particulièrement chaleureux. A l’issue de plus de 9 jours d’une interminable attente, la population est enfin heureuse de compter une nuit dans ses rangs l’Ogaas Moustapha Mohamed Ibrahim, mettant à l’occasion son hospitalité et sa générosité à l’épreuve. Un don de 100 têtes de bétail a été octroyé ainsi au jeune roi dont le mariage a été directement évoqué sur les lieux. La procédure a été finalement repoussée à une date ultérieure. Autrefois carrefour des échanges commerciaux Biyo Baxay fut longtemps considéré comme un trait d’union entre Zeïla et les hauts plateaux d’Ethiopie. En effet les marchandises en provenance du port historique de Zeïla tels que le riz, le sucre, les produits manufacturés et les produits à destination de Zeïla tels que le maïs, le café, les fruits et légumes…. s’échangeaient sous forme de trocs sous les arbres.
Du haut de son existence millénaire, Zeïla garde toujours un œil sur son passé tout en étant résolument tourné vers l’avenir. On accède à la vieille ville (ou plutôt ce qui en reste) par un enchevêtrement de pistes cahoteuses à travers lesquelles la poussière n’en finit guère de monter en spirale vers un ciel morne et plus que jamais absent. En saison de pluie, c’est plutôt la boue qui assure la relève, au grand désarroi des conducteurs. Non, il ne suffit pas d’être habile au volant pour circuler en pareilles circonstances.
Il faut avoir aussi une longue expérience du terrain. A défaut, les pneus glissent le long de la voie ; le moteur s’ébranle très vite, incapable de lutter contre une nature hostile. Ironie du sort ou simple coïncidence, la veille de notre départ pour Zeïla la pluie est encore tombée. Drue. Si les précipitations, qui étaient d’ailleurs très attendues dans la région, vont sans doute atténuer les effets dévastateurs de la sécheresse, elles ne font pas l’affaire de tous.
A commencer par les éleveurs dont le bétail, déjà sérieusement entamé par de longs mois de pénurie, est parfois complètement détruit. En certains endroits, on aperçoit désormais les carcasses de bêtes gonflées par la putrescence.
Après son intronisation le 1er mars dernier à Zeila, l’Ugass Moustapha Mohamed Ibrahim a assisté le 07/03/2010, au palais présidentiel, à un déjeuner organisé en son honneur par le Président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh.
L’Ugass et sa délégation ont été accueillis en fin de journée par le Chef de l’Etat dans les jardins de la présidence pour un déjeuner de gala qui a réuni un parterre d’officiels issus de tous les horizons.
Outre les membres du gouvernement, ont pris part à ce déjeuner, des ministres des pays voisins comme le ministre éthiopien de la Culture, Mahamoud Dirir ainsi que les représentants des différentes communautés vivant à Djibouti.
Tout au long de ce déjeuner, les troupes musicales Harbi et 4 Mars ont interprété un répertoire de chants et de danses culturels illustrant les richesses culturelles des populations de la région.
Le Chef de l’Etat djiboutien, réitérant à cette occasion ses plus vives félicitations à l’Ugaas, a également prié Allah le Miséricordieux pour qu’Il l’assiste dans sa noble tâche.
Preuve de cette diversité culturelle du pays, on pouvait apercevoir au côté de l’Ugass et du Chef de l’Etat, les Sultans de Tadjourah et de Gobaad ainsi que les okals et chefs coutumiers des différentes communautés du pays. L’Ugass Mousatapha Ibrahim a été intronisé le 1er mars dernier à Zeila au Somaliland voisin comme le veut la tradition Issa. Sur les pas de ses prédécesseurs, l’Ugaas Moustapha Mohamed Ibrahim, présidera désormais aux destinées de la confédération Issa.
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Après Dhanaan, l’Ogaas Moustapha Mohamed Ibrahim et sa délégation sont arrivés aujourd’hui jeudi à Beyo Caday, ultime étape de son voyage à destination de Zeïla où se tiendra lundi prochain la cérémonie officielle de son intronisation. Après avoir assisté dans la soirée aux festivités commémorant la naissance du Prophète Mohamed (Paix et Salut soient sur Lui), le nouveau chef spirituel des Issas a passé la demie-journée près du lit de l’oued de Dhanaan où il n’a cessé d’accueillir dans une tente les visiteurs venus nombreux à cette occasion, qui pour recueillir une poignée de main, qui pour lui rendre hommage, qui pour poser à ses côtés. Devant l’important dispositif de sécurité mis en place sur le site, certains ont dû prendre leur mal en patience. A la sortie de la tente, les avis étaient unanimes : plutôt serein, le souverain s’est montré imperturbable, nullement entamé par le long périple qu’il poursuit depuis octobre à travers tout le pays Issa. A l’issue de son séjour à Beyo Caday, qui devrait s’étaler sur deux jours, l’Ogaas Moustapha Mohamed Ibrahim reprendra dimanche son bâton de pèlerin. Une courte halte est prévue à Ogaas-lagu-boqor où le nouveau roi va être soumis, comme le veut la tradition, au rituel du rasage. Le coup d’envoi de la cérémonie d’intronisation devrait être donné tôt dans la matinée du lundi à Zeïla où le 19ème Ogaas, sur les pas de ses prédécesseurs, sera couronné officiellement. S’ensuivront 7 jours de festivités durant lesquelles la liesse populaire, sans discontinuer, investira le cœur de la ville mythique, rappelant ses heures de gloire, restituant son aura légendaire de berceau d’un héritage culturel ancestral.
Ce jeune garçon à peine âgé de 17 ans est né dans la vieille ville de Dire-Dawa en 1992 .Il a grandi dans cette ville et a poursuivi ses études scolaires dans les grandes écoles de cette ville, entre autres dans l’école fondamentale de Hadj Ali.
Issu d’une famille modeste de 7 enfants, sa mère se nomme Mako Saad Aden Alaleh. Ces parents lui ont inculqué des valeurs islamiques et familiales.
Un livre sur l’Ugaas qui vient de paraître: "Le choix de l'Ogaas dans la tradition du Xeer: un processus original pour désigner un roi."
Dr Ali Moussa Iye , l’auteur du célèbre « Le Verdict de l’Arbre » sur le Xeer issa vient de publier un nouvel ouvrage sur l’institution traditionnelle de l’Ugaas. Poursuivant ses recherches d’anthropologie politique et juridique, il y retrace le processus et la procédure particulière établis par la tradition pour la recherche, la désignation et l’intronisation de l’Ugaas. De passage à Djibouti, il a accordé une interview au journal La Nation, pour nous faire part des résultats de son travail de recherche.
La Nation : Après votre livre pionnier sur le Xeer paru en 1990, vous êtes revenu à vos recherches sur les traditions politiques en publiant un nouveau livre sur l’Ugaas. Quel est le titre et l’objet de cette publication ?
L’Ugaas, chef suprême de l’ensemble des Issas est une autorité symbolique de l’unité garante de la paix et de l’égalité de tous les membres devant le Xeer. Il n’a pas de pouvoir matériel, comme les chefs d’état mais seulement une autorité morale qu’il tire du respect et plein consentement de son peuple. Ce personnage acquiert ce respect par ses qualités morales. Tout un code (kabta dhaqanka) est consacré à la nomination, l’intronisation et les différentes attributions de l'Ugaas.
Le 29 Août 1994 s’éteignait à Diré-Dawa en Ethiopie le roi des Issa, l’Ogaas HASSAN HIRSI. Ce jour-là une forte pluie s’abattait sur cette petite ville située dans la région somalie d’Ethiopie et plus précisément dans le territoire traditionnellement habité par les pasteurs issas. L’on comprendra plus loin l’importance de cet événement météorologique.
L’Ogaas HASSAN HIRSI est le 18ème roi d’une longue lignée qui remonte aux 16ème siècle, siècle- charnière qui inaugurera une période tourmentée avec la décadence des Sultanats et Cités musulmans de la Corne de l’Afrique et que l’on peut désigner comme le Moyen Age de la civilisation islamique dans cette partie du continent.
Etape incontournable du voyage initiatique de l’Ogaas Moustapha Mohamed Ibrahim, l’oued de Dhanaan est à trois kilomètres de la localité d’Ali-Addhé où vivent quelques milliers d’âmes.Le village, qui abrite un important camp de réfugiés, est particulièrement apprécié pour la clémence de son climat qui, malgré des conditions de vie précaires, confère à ses environs la fraîcheur d’un site naturel resté vierge en dépit des vicissitudes du temps. L’endroit est, du reste, accroché à son mythe fondateur : celui du Cheick Ali-Addhé dont l’esprit veillerait depuis des générations à l’existence de ses propres populations.
Déchiré de pistes caravanières sans âge et en même temps secoué à longueur de journée par une certaine frénésie due à un accès récent à la téléphonie mobile, Ali-Addé apparaît aujourd’hui comme un trait d’union entre sédentarisation et nomadisme. La transhumance se pratique au même rythme que les activités à l’intérieur des salles de la seule école du village, unique porte de sortie qui donne sur l’avenir, permettant ainsi d’entretenir des rêves, de gagner des forces pour pouvoir contrebalancer la chape d’ignorance posée sur le futur d’une région en mutation où le coca-cola côtoie l’eau puisée au puit, où la rigueur coutumière est atténuée par le désir, palpable chez les jeunes, d’assumer leur destin autrement. C’est peu dire qu’Ali-Addé est désormais à la croisée de chemins, gardant un œil sur le passé tout en étant résolument tourné vers l’avenir. Rien n’a changé, tout est nouveau.
Dans le cadre de son intronisation prévue lundi 1er mars dans la ville mythique de Zeïla, au nord-est du Somaliland, l’Ogaas Moustapha Mohamed Ibrahim est attendu jeudi 25 février à Dhanaan, à un jet de pierre de la localité d’Ali-Addé. Etape importante du voyage initiatique entamé en octobre par le 19ème Ogaas des Issas et sa délégation, l’oued de Dhanaan abritera à cette occasion une vaste cérémonie d’accueil ainsi qu’une réunion de sages et de notables. L’Ogaas et sa suite prendront part dans la soirée aux festivités commémorant la naissance de notre Prophète Mohamed (Paix et Salut soient sur Lui) aux côtés notamment des autorités et de la population de la région. Autre oued, autre étape marquante sur le chemin de Zeïla : Beya Caddey, à quelques kilomètres à vol d’oiseau du village de Holl-Holl. C’est là que pendant deux jours, l’Ogaas Moustapha Mohamed Ibrahim va assister, en plus de l’importante cérémonie d’accueil prévue à cet effet, à une réunion de sages et à un travail d’harmonisation des rites (comme celui du rasage qui doit se tenir dimanche prochain à Ogaas-lagu-boqor) qui scelleront lundi 1er mars l’avènement du nouveau chef spirituel des Issas, parachevant ainsi sa légitimité un peu moins de six mois après son « rapt ». Après une ultime halte à Ogaas-lagu-boqor le dimanche 28 février, l’Ogaas et son cortège sont attendus le lendemain à Zeïla où il sera donné officiellement le coup d’envoi de la cérémonie, tant attendue d’ailleurs, marquant le couronnement de celui qui présidera désormais aux destinées de la confédération Issa. Placée sous le signe du recueillement et de la joie retrouvée, soutenue par le rythme intense de la liesse populaire, la fête devrait se prolonger jusqu’au 7 mars prochain à Zeïla.
Après Dhanaan, l’Ogaas Moustapha Mohamed Ibrahim et sa délégation sont arrivés aujourd’hui jeudi à Beyo Caday, ultime étape de son voyage à destination de Zeïla où se tiendra lundi prochain la cérémonie officielle de son intronisation. Après avoir assisté dans la soirée aux festivités commémorant la naissance du Prophète Mohamed (Paix et Salut soient sur Lui), le nouveau chef spirituel des Issas a passé la demie-journée près du lit de l’oued de Dhanaan où il n’a cessé d’accueillir dans une tente les visiteurs venus nombreux à cette occasion, qui pour recueillir une poignée de main, qui pour lui rendre hommage, qui pour poser à ses côtés. Devant l’important dispositif de sécurité mis en place sur le site, certains ont dû prendre leur mal en patience. A la sortie de la tente, les avis étaient unanimes : plutôt serein, le souverain s’est montré imperturbable, nullement entamé par le long périple qu’il poursuit depuis octobre à travers tout le pays Issa. A l’issue de son séjour à Beyo Caday, qui devrait s’étaler sur deux jours, l’Ogaas Moustapha Mohamed Ibrahim reprendra dimanche son bâton de pèlerin. Une courte halte est prévue à Ogaas-lagu-boqor où le nouveau roi va être soumis, comme le veut la tradition, au rituel du rasage. Le coup d’envoi de la cérémonie d’intronisation devrait être donné tôt dans la matinée du lundi à Zeïla où le 19ème Ogaas, sur les pas de ses prédécesseurs, sera couronné officiellement. S’ensuivront 7 jours de festivités durant lesquelles la liesse populaire, sans discontinuer, investira le cœur de la ville mythique, rappelant ses heures de gloire, restituant son aura légendaire de berceau d’un héritage culturel ancestral.
Riby ou Nirgale qui se trouve à une quinzaine de kilomètres au sud ouest de Millé est la première étape de ce voyage qui devait normalement se dérouler en 4 jours (22-26 novembre) mais qui s’est finalement réalisé en deux jours (22-24 novembre).Le cortège royal arrive à Riby vers 18 heures. L’accueil est sobre mais digne. Tous les sages de la localité sont présents et souhaitent la bienvenue aux invités.
Le roi entouré de tous les membres de la délégation se dirige vers le lieu de réception en chantonnant le Salawat (Paix et bénédictions sur le Prophète). Puis l’Ogaas est invité à s’asseoir sur une jolie natte installée tout près de la case traditionnelle où il va passer la nuit.
Le cortège de l’Ogaas arrive à Xarrey (ou Magala Jaleelo) aux environs de 10 heures du matin. Il est accueilli par une immense foule en liesse. Ce qui frappe à premier abord, c’est la qualité de l’organisation, la chaleur de l’accueil et la joie de recevoir le 19ème Ogaas des Issa.
La première moitié de la cérémonie a été consacrée aux jeux et danses traditionnelles. Puis l’Ogaas et les membres de la délégation ont été conduits dans une pièce d’une école en construction. La case traditionnelle n’a pas été utilisée.
Parti de Xarrey en fin d’après-midi, le cortège royal est arrivé à Ceel Cadeed le lundi 23 novembre vers 18 heures trente. A la demande de l’Ogaas, la prière du Maghrib a été accomplie sur le chemin, signe que la prière joue un rôle important dans la vie quotidienne de l’Ogaas. Dès son arrivée à Ceel Cadeed, dernière étape du périple, l’Ogaas est accueilli par une petite foule joyeuse.
Dans le cadre du long voyage initiatique entrepris par l’Ogaas Mustapha Mohamed Ibrahim depuis octobre 2009, ce voyage nous invite à revisiter les contrées les plus éloignées du pays Somali-Issa dans une région appelée plus communément par les pasteurs transhumants le « Galbeed ». Notre pérégrination nous a emmené plus exactement à Af Casse[1] dans la région de Gheghalu située à environ 240 km de Dire Dawa. Mais avant d’atteindre la destination finale, nous avons effectué d’abord une halte à Biki.
Af Casse[1] porte le nom d’un homme tué dans cette localité vers les années soixante. C’est pour rendre hommage à cette victime dénommée Iyeh Af Cassé que les habitants ont décidé de donner ce nom à leur village qui ne fut fondé qu’à partir des années quatre-vingt dix.Le cortège royal est arrivé à 10h près d’Af Cassé dans la région de Gheghalu, non loin de Mahisso à 200 km de Dire Dawa.
ello), des chants et des discours se sont enchaînés à un rythme effréné. L’enthousiasme et la fierté d’accueillir leur roi se lisaient dans les yeux pétillants des jeunes filles habillées pour l’occasion à la façon miiyi . « Nous nous sommes préparées pour cet événement depuis une semaine, et nous comptons fêter et saluer notre Ogaas !! » nous disent-elles en cœur. En effet, digne de l’accueil réservé à un chef d’état, les gens de Af Casse ont constitué une équipe chargée du protocole et un périmètre de sécurité fut érigé pour filtrer les visiteurs. De longues séances de photos ont clôturé cette belle journée ensoleillée du 15 décembre 2009.
je félicite le rois moustaphe pour so...
Bonjour couz J'aimerais savoir si tu...
Salaama Alaykum tout le monde. A tou...
Je suis très honoré que lintroduction...
Au nom d'Allah, le Miséricordieu, le ...